Eau de pluie: gestion

Publié le par Chéryl Menguy

Gestion de l'eau de pluie récupérée

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Une source biocompatible

L'eau de pluie est très proche de l’eau potable en ce sens ou elle a des caractéristiques biochimiques presque semblables. On peut même mettre en avant les spécificités biocompatibles de l’eau de pluie. L’eau de pluie est de plus par nature très douce, elle ne contient quasiment ou pas de calcaire. Nous connaissons les problèmes liés et entraînés par le calcaire, l’eau de pluie ne posera pas ce genre de problèmes.

Mais,

L’eau ne peut être consommée, utilisée aussi simplement que cela. Nos activités quotidiennes, conduire une voiture ou encore à plus grande échelle les rejets industriels, contamine ce cadeau pur tombant du ciel.

En effet, l’eau de pluie subit avant de tomber sur nos toits une contamination à tous les gaz, particules, aérosols provenant de l’activité humaine.

De plus, une fois que l'eau de pluie ruisselle sur votre toit, ou coule naturellement sur le sol, sur les surfaces qui la collectent elle est encore soumise à une zone de contamination bactériologique, de trouble et problème de turbidité (plus communément la clarté de l’eau) sédiments, boues …. Cette eau pluviale est donc impropre à la consommation humaine mais peut cependant être utilisée sans traitement de l’eau préalable pour l’arrosage du jardin par exemple.

Le cadre légal lié à l’eau de pluie

En France, le régime légal des eaux pluviales et des eaux de source est déterminé par les articles 640 à 643 du Code civil français. 

Ainsi tout propriétaire d’habitation, de terrain a le droit d’user et de disposer de l’eau provenant des tombées de pluies. Il peut donc choisir de la récupérer, de la stocker voir même de la revendre. Attention car un propriétaire peut user et disposer librement des eaux pluviales tombant sur son terrain à la condition de ne pas causer un préjudice à autrui (la liberté de chacun s’arrête ou commence celle des autres…)

La récupération de l’eau de pluie dans les faits

Pratiqué depuis des millénaires, la récupération de l'eau de pluie bénéficie aujourd'hui de nombreuses applications et systèmes qui sont innovés chaque jour. Alors que la France tente « un peu » d’encourager le développement de cette pratique, l’exemple de son voisin européen l’Allemagne montre notre retard en la matière. En effet l’Allemagne multiplie les projets depuis de nombreuses années, ciblant tout autant les particuliers que les quartiers ou les entreprises.

En Allemagne les premières subventions accordées par les communes aux installations de réutilisation des eaux de pluie datent de 1986. En France, le gouvernement commence à essayer d’échanger sur la question mais a beaucoup de mal à légiférer une pratique qui pourrait entraîner des problèmes sanitaires graves si elle était mal gérée.

La France pour la récupération des eaux de pluies ?

Comme beaucoup de ses voisins Européens l’ont déjà fait depuis de nombreuses années, il est désormais possible d’avoir des subventions en France mais pour une utilisation limitée de l’eau de pluie récupérée. Depuis mai 2006, un encouragement fiscal a été voté à l'unanimité à l'Assemblée nationale. Cet amendement, voté en première lecture du projet de loi sur l'eau et les milieux aquatiques instaurait un crédit d'impôt de 40% (dépense plafonnée à 5000 euros) en faveur de l'installation de systèmes de récupération des eaux pluviales. (Cf article réglementation, loi eau de pluie ).

 Dans un avis du 5 septembre 2006, le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France (CSHPF) a estimé que l’eau de pluie collectée en aval de toitures peut être utilisée pour des usages non alimentaires et non liés à l'hygiène corporelle.

En moyenne on peut récupérer 600 litres d'eau de pluie par m² de toiture

Il faut pouvoir dimensionner votre système de récupération en fonction de la pluviométrie de votre région et de l'usage que vous souhaitez faire de votre eau. 


Systèmes existants

Il existe différents types de cuves : béton, polyéthylène et acier que l'on peut enterrer ou reste le bon vieux bidon. 

Des pluies rares mais abondantes comme dans le Var exigeront une grande cuve pour récupérer un maximum d'eau lors des orages alors qu'en Normandie, par exemple, les pluies sont rapprochées mais de moindre quantité, un petit réservoir peut alors être suffisant.

 

Pour information, voici des estimations réalisées par Sotralentz en France :

Surface de toiture Volumes à stocker Utilisations

40 m² 150 à 500 L selon les régions arrosage < 50 m²

80 m² 500 à 1500 L arrosage > 50 m²

100 m² 1500 à 3000 L arrosage > 50 m² et lavage

150 m² 3 000 à 5000 L arrosage > 50 m², lavage et appoint d’un bassin

Les citernes commercialisées en France, sont en béton ou en polyéthylène haute densité (PEHD). 

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Elles peuvent être enterrées ou non. 

Leur contenance varie de 3000 à 10 000 litres. Les cuves de 5000 litres sont les plus vendues.

Enterrée, la citerne a l’avantage de conserver l’eau à l’abri de la lumière et à la température du sol. Cela évite la prolifération d’algues et de bactéries et isole thermiquement l’eau, évitant ainsi qu’elle subisse les température extrèmes (gel, canicule).

Le prix d’une cuve en béton est comparable à celui d’une cuve en PEHD, environ 3000 € HT équipée pour le jardin (filtre, siphon de trop-plein, clapet, pompe électrique) et 4300 € HT pour la maison (groupe hydrophore). Le bilan énergétique pour leur fabrication est à peu près équivalent.

-La cuve en béton a l’avantage de neutraliser l’acidité du PH, ce qui protège en aval les tuyauteries, son poids favorise sa stabilité dans le sol. Mais elle est assez lourde à mettre en place. Elle doit être suffisamment épaisse pour durer longtemps, car l’eau à long terme ronge le béton.

-La cuve en PEHD se manipule plus facilement pour l’installation, mais le PH élevé de l’eau favorise la corrosion des tuyaux et raccords de plomberie. Dans le cas d’un sol instable, il est obligatoire de fixer la citerne sur un radier en béton.

-Des plus petits récupérateurs d’eau de pluie sont commercialisés pour un usage extérieur uniquement, ils peuvent suffire pour arroser un petit jardin. Leur contenance est comprise entre 300 et 1000 litres. Ils sont fournis en général avec un couvercle et un robinet, ils sont en plastique. Leur prix varie de 30 € à 400 €.

 Leur installation est facile, il suffit de couper le tuyau de descente de gouttière et de raccorder le récupérateur soit directement ou à l’aide d’un coude. En ville cependant, les balcons ne comportent généralement pas d'accès aux gouttières et ne permettent pas d'appliquer ces systèmes.

 



 

 

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Publié dans L'eau

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